Question écrite : Soutien aux marchands de journaux

Question écrite : Soutien aux marchands de journaux

M. Jean-Michel Jacques attire l’attention de M. le ministre de l’économie, des finances et de la relance, sur la situation de la filière presse et plus principalement sur celle des marchands de journaux. En effet, la crise économique liée à l’épidémie de coronavirus a entraîné de lourdes répercussions économiques et financières pour les distributeurs de presse, en souffrance depuis déjà de nombreuses années à cause de la baisse des ventes de presse écrite. Leur condition préoccupante s’est par ailleurs largement dégradée au printemps 2020, en raison du confinement qui a entraîné pour certain la fermeture de leur commerce, mais principalement suite au placement en redressement judiciaire de Presstalis, la société chargée de distribuer les imprimés en France. Elle distribuait jusqu’alors 75 % de la presse française et représentait plus d’un milliard d’euros de ventes en kiosque. Aussi, depuis de nombreux mois, les distributions de presse sont fortement dégradées sur l’ensemble du territoire. Dans le Morbihan, par exemple, après une longue période d’absence de livraison, les marchands de journaux ne recevaient que 40 % de leurs livraisons habituelles en juin 2020. De plus, France Messagerie, qui succède à Presstalis suite à l’offre de reprise survenue en mai 2020, envisage de conserver moins de 300 emplois sur les 914 que comptait jusqu’alors Presstalis. Les marchands de journaux s’interrogent ainsi sur la continuité de leurs activités à venir, en corrélation avec la restructuration de France Messagerie, qui va coûter plus de 127 millions d’euros, dont 80 millions d’euros injectés par l’État, auxquels s’ajoutent 95 millions d’euros déjà versés à Presstalis au printemps. D’autre part, le troisième projet de loi de finances rectificatives pour 2020, adopté le 23 juillet 2020, prévoit la création d’un crédit d’impôt à destination des ménages pour un premier abonnement à un titre de presse d’information politique et générale. Ce crédit d’impôt sera égal à 30 % des dépenses effectivement supportées et accessible jusqu’à la fin de l’année 2022. Cet engagement du Président de la République en faveur du secteur de la presse va permettre un soutien massif à la filière et permettre de pérenniser ses activités. Toutefois, le prix des journaux et magazines en kiosque étant fixé par les éditeurs et non par les distributeurs, il est en conséquence plus élevé que les abonnements proposés, dans le but de les promouvoir. Aussi, cette mesure, bien que nécessaire au développement et à la pérennité de la presse française, ne favorisera pas davantage la vente de journaux et magazines dans les kiosques. Aussi, il souhaiterait savoir si le Gouvernement envisage de mettre en place un plan de soutien en faveur des marchands de journaux, commerçants et distributeurs de la presse en France.

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