Ma position sur la révision du décret Cidre

Ma position sur la révision du décret Cidre

Le cidre, boisson « rustique » typiquement bretonne et normande a connu une réelle expansion et ne se retrouve plus uniquement cantonné à accompagner nos repas de crêpes. Or le marché des produits cidricoles est peu réglementé comparativement à celui du champagne. Sur les étals se côtoient des cidres industriels, artisanaux, fermiers et traditionnels, sans que les procédés de fabrication ni la liste des ingrédients n’y apparaissent clairement et sans que les consommateurs puissent faire de différence.

La réglementation qui encadre la production cidricole date des années 50, revue dans les années 90 et n’est plus en phase avec l’attente de transparence des consommateurs et les modes de productions industrielles. C’est pourquoi le gouvernement a décidé de réviser ce décret obsolète.

Concertation autour de la révision du décret

 

Des réunions de travail avec les différents acteurs de la filière cidre ont donc été organisées par les services de la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) pour réviser le décret n° 53-978 du 30 septembre 1953 relatif à l’orientation de la production cidricole et à la commercialisation des cidres, poirés et boissons similaires.

Lors d’une visite chez des cidriers indépendants de ma circonscription, ils m’ont interpellé sur le contenu de la révision qui tendait à favoriser les industriels du secteur.

Après plusieurs réunions de travail à leur coté et considérant qu’il s’agit là d’un sujet important pour notre région, notre patrimoine culinaire et nos producteurs locaux, j’ai fait le choix de soutenir leur démarche auprès des services de l’Etat et de Monsieur Bruno Le Maire, Ministre de l’Economie et des Finances.

 

 

 

Définition du terme « Traditionnel »

 

Au cours des diverses réunions, les cidriers indépendants ont souhaité que la liste des ingrédients devienne obligatoire sur l’étiquetage et que les mentions “fermier”, “artisanal” et “traditionnel” soient encadrées par ce décret afin que celles-ci ne puissent être utilisées par les groupes industriels du secteur. 

La concertation est arrivée à son terme et le projet de décret finalisé à été envoyé au Conseil d’Etat et au Secrétariat Général du Gouvernement. 

La concertation a abouti sur certains points, notamment les mentions “fermier” et “artisanal” ont vu leur cadre renforcé :

  • Fermier : le cidre est élaboré par un chef d’exploitation agricole sur place et uniquement à partir des pommes produites sur place
  • Artisanal : le cidre est pur jus (sans moût concentré) et réalisé par un artisan sur son exploitation, avec des pommes pouvant venir d’autres exploitations

Jusqu’à présent des cidres fermiers et artisanaux pouvaient être réalisés à base de moût concentré, aujourd’hui ils sont garantis « pur jus ».

Cependant, les industriels pouvant racheter des exploitations de cidre fermier et artisanal vont pouvoir continuer à utiliser les termes « fermier » et « artisanal ».

L’obligation d’affichage de la liste des ingrédients ne dépendant pas de la législation française, elle est renvoyée vers la future directive européenne.

Le terme “traditionnel” est quant à lui resté sans définition. Ce terme est cher aux producteurs cidriers artisanaux qui souhaitent par ce biais défendre leur savoir faire et leur indépendance. Derrière ce terme « traditionnel », ils souhaiteraient que seuls les cidres pur jus non pasteurisés et dont l’effervescence est naturelle puissent être vendus, afin que les industriels ne puissent l’utiliser, car ils pasteurisent leur production afin d’allonger leurs délais de consommation. Les consommateurs pourront ainsi faire la différence entre les cidres industriels et les cidres issus de cidreries indépendantes .

Les cidres bio du Verger de Kermabo à Guidel

 

Lors de nos derniers échanges, Monsieur Bruno Le Maire, Ministre de l’Economie et des Finances m’a informé qu’une nouvelle concertation allait avoir lieu prochainement concernant la mention “traditionnel”, je lui ai indiqué mon souhait d’y participer. 

Pour une clarification de l’étiquetage

 

Je vais continuer à travailler sur le sujet, car il me parait important de mener à bien cette nouvelle concertation et de faire consensus autour de la mention « Traditionnel ».

Pour se faire, j’ai pris l’initiative de faire part du travail effectué à l’ensemble des députés bretons de la majorité.

Cette clarification de l’étiquetage permettrait une meilleur lisibilité entre les cidres conventionnels et les cidres artisanaux. L’amélioration de l’information sur la fabrication et l’origine des produits répondant aux attentes actuelles des consommateurs.